Santé publique

Les aidants aujourd’hui

Les proches aidants sont le premier maillon de la solidarité face à la maladie, le handicap ou la dépendance. Pourtant, leur engagement reste souvent invisible et éprouvant. La priorité est claire : reconnaître, soutenir et accompagner ceux qui soutiennent les autres.

Accompagner au quotidien

Un rôle essentiel

En 2025, on estime entre 8 et 11 millions le nombre de proches aidants en France : des femmes et des hommes qui accompagnent au quotidien un proche malade, handicapé ou âgé. Ce rôle, souvent assumé dans la discrétion, constitue pourtant un pilier invisible de la solidarité nationale. Selon la DREES (2023), 9,3 millions de personnes déclarent apporter une aide régulière à un proche, dont 8,8 millions d’adultes : soit près d’un Français sur six. Et la tendance continue de croître, portée par le vieillissement démographique et le développement des maladies chroniques.

"Les aidants sont des acteurs de première ligne du maintien à domicile. Leur rôle est essentiel, mais leur reconnaissance demeure incomplète."

Haute Autorité de Santé, Recommandations « Le répit des aidants », 2024

Cercle familial

Qui sont les aidants ?

Derrière le mot “aidant” se cache une réalité multiple : un parent, un conjoint, un enfant adulte, un frère, une amie… Dans près de 9 cas sur 10, la personne aidée appartient au cercle familial proche (OCIRP, 2024).

Les aidants

Un portrait qui se précise

  • 60 % des aidants sont des femmes (jusqu’à 79 % à Paris, selon l’étude municipale 2025).
  • La majorité a entre 45 et 64 ans : une génération souvent en activité, prise entre enfants à charge et parents âgés.
  • Environ 61 % exercent une activité professionnelle, soit près de 5 millions de salariés aidants.
  • Et déjà 500 000 jeunes aidants ont moins de 18 ans : ils représentent 4,8 % du total (DREES).

1 salarié sur 5 est aidant aujourd’hui.
D’ici 2030, ils seront 1 sur 4.

OCIRP / France Travail, 2024

Cette diversité de profils interroge notre capacité collective à concilier vie professionnelle, personnelle et rôle d’aidant. Le profil type reste celui d’une femme de 50 ans, active, qui soutient un parent âgé, mais les situations sont bien plus variées qu’il n’y paraît.

Engagement durable

Un engagement souvent total

Être aidant, c’est bien plus qu’une aide ponctuelle : c’est un engagement durable, souvent à temps partiel… voire à temps plein. Un aidant sur trois déclare consacrer plus de 20 heures par semaine à son proche (Agirc-Arrco, 2025). A cet engagement s’ajoutent les obligations familiales, sociales et professionnelles, au risque d’un épuisement progressif. Les conséquences sont aujourd’hui connues :

  • 74 % évoquent un impact sur leur santé.
  • 80 % réduisent leurs activités personnelles.
  • 77 % se disent en situation d’anxiété ou de stress.

"Je ne me suis pas rendu compte que je m’oubliais complètement. Ce n’est qu’après une hospitalisation que j’ai compris que je devais aussi prendre soin de moi."

Témoignage recueilli par Agirc-Arrco, 2025

Au travail, la situation reste difficile : près d’un aidant sur trois se sent fragilisé professionnellement, et cette proportion atteint 40 % chez les moins de 30 ans. Beaucoup hésitent encore à parler de leur situation à leur employeur, par peur d’être jugés ou écartés.

Les aides

Des dispositifs encore méconnus

Malgré les développements récents (maisons de répit, plateformes de répit et d’accompagnement, relayage, congés de proche aidant…), la majorité des aidants ne recourent à aucun dispositif d’aide. Selon Agirc-Arrco, 76 % des aidants ne bénéficient d’aucune solution dédiée, et 1 sur 2 ne sait pas vers qui se tourner.

Les besoins prioritaires exprimés sont constants :

  • Information et orientation : mieux connaître ses droits et repérer les ressources existantes.
  • Temps de répit : pouvoir « souffler » sans culpabiliser, grâce à des offres souples et accessibles.
  • Soutien psychologique : prévenir l’épuisement, accompagner la santé mentale.
  • Adaptations professionnelles : congés dédiés, télétravail, horaires aménagés.

Démarche de prévention

Et demain ?

D’ici 2030, le nombre d’aidants continuera d’augmenter avec le vieillissement de la population et la chronicisation des maladies. Le défi n’est plus seulement d’apporter une aide ponctuelle, mais de construire les parcours de soins des patientsen  intégrant pleinement les proches aidants, dans une démarche de prévention de leur santé globale.